C’est une petite boule d’un blanc immaculé au doux parfum d’anis qui a bercé l’enfance de plus d’une génération. Direction Flavigny-sur-Ozerain, une bien jolie cité médiévale où l’on fabrique un bonbon unique.
Au cœur de la Côte-d’Or, dans la région Bourgogne-Franche-Comté, le petit village de Flavigny-sur-Ozerain trône sur son éperon rocheux depuis des siècles, comme pour dominer une riche histoire. Elle commence en 52 av. J.-C., quand César en fit son quartier général avant d’assiéger Alésia. Autour, des prés, des bois et des forêts, à perte de vue.
Classé parmi « les Plus Beaux Villages de France », Flavigny-sur-Ozerain compte quelques trésors architecturaux qui méritent que l’on s’y arrête : une abbaye bénédictine du VIIIe siècle, une crypte carolingienne, un ancien palais abbatial des XVIIe-XVIIIe siècles, mais aussi des portes fortifiées, des remparts et… ses bonbons à l’anis, les fameux Anis de Flavigny.
Sous les voûtes, une douceur inattendue
Ce petit bonbon, aussi rond qu’une bille et qui existe depuis 1591, n’a rien à envier aux sucreries modernes. Conçue au cœur de l’ancienne abbaye bénédictine Saint-Pierre de Flavigny, sa recette est demeurée la même tout au long des siècles. Un procédé de dragéification qui consiste à recouvrir peu à peu la graine d’anis de multiples couches de sirop sucré. Il y en a treize au total, comme l’huile essentielle de violette, de rose, de menthe, de réglisse ou encore d’orange.
En son cœur se cache une graine d’anis vert, comme un secret que l’on découvre en laissant lentement fondre le bonbon. Plus de quatre siècles de gourmandise font des Anis de Flavigny une des plus anciennes marques de bonbons de France. Pour visiter l’abbaye de Flavigny, impossible de se tromper de chemin : un parfum d’anis flotte dans les ruelles et mène tout droit vers la fabrique. Direction 4 rue de l’Abbaye, où l’entreprise familiale Troubat œuvre, depuis trois générations, à la conception des fameux anis.
Une fois la porte franchie, notre regard est d’abord happé par la beauté de l’abbaye et ses voûtes romanes aujourd’hui silencieuses. La chapelle Sainte-Reine et la chapelle Notre-Dame-des-Piliers restent les témoins de l’histoire d’un lieu formidablement conservé depuis la création de l’abbaye, en 719, sous Charles Martel. Pendant plus de mille ans, cette crypte carolingienne fut un lieu de prières. Vestige de l’ancienne église abbatiale, la crypte est à elle seule un témoignage des époques gallo-romaine, romane et gothique, tout à la fois.
Un héritage préservé
Nous nous dirigeons ensuite vers l’atelier de fabrication. Pas besoin de réservation pour la visite libre de la crypte, du musée et des ateliers, mais si vous optez pour la visite guidée de ce premier atelier, comptez une quarantaine de minutes. On y découvre alors qu’une graine presque invisible devient, au fil des jours, un petit bonbon blanc, toujours réalisé selon le même procédé. Le principe ? Dans de grandes bassines de cuivre, les graines tournent pendant près de quinze jours pour obtenir le résultat final.
Étape suivante : les anciens ateliers d’expédition et de conditionnement, qui ont opéré de la fin de la Révolution française jusqu’à fin 2019. Voûtes, mobilier et machines d’un autre temps y sont restées figées. Des vidéos de l’atelier sont diffusées pour expliquer aux visiteurs les procédés utilisés par les employés et le fonctionnement des machines. Juste avant d’aller tester notre odorat au laboratoire des arômes, qui propose un atelier olfactif, direction le musée. Boîtes, outils, affiches, tout ici raconte la belle histoire de la petite graine devenue bonbon.
C’est par la petite boutique de l’aile gauche que nous achevons cette visite après avoir fait provision de ces jolies petites boîtes à l’effigie d’un berger contant fleurette à une bergère, colorées en fonction de leur parfum. Une promenade dans le temps et dans l’histoire d’un petit bonbon devenu l’emblème d’un savoir-faire ancestral et de tout un village à découvrir à pied, en savourant en bouche, évidemment, un anis de Flavigny.
Flâner à Flavigny
Commune de départ : Flavigny-sur-Ozerain (Côte-d’Or). Type de balade : Randonnée pédestre. Difficulté : Facile. Durée : 2 heures (+ visites). Distance : 6 km
- Flâner dans les ruelles médiévales. Entre portes fortifiées, remparts et maisons anciennes, chaque détour raconte des siècles d’histoire et offre des points de vue sur la campagne bourguignonne.
- Explorer l’abbaye Saint-Pierre et sa crypte. Pénétrer dans l’ancienne abbaye bénédictine, joyau du village. La crypte carolingienne et les voûtes romanes révèlent un patrimoine religieux et architectural impressionnant, témoin d’un passé millénaire.
- Découvrir les Anis de Flavigny : la visite de la fabrique (4 rue de l’Abbaye) des anis permet d’admirer le savoir-faire ancestral : les bassines de cuivre, la dragéification lente, le musée des Anis et bien sûr la boutique, où l’on peut goûter les parfums emblématiques.
- Déjeuner au cœur du village : faire une pause dans l’un des restaurants de Flavigny pour y savourer, c’est l’occasion, les spécialités bourguignonnes. La Grange, une ferme-auberge, propose un large buffet de plats et de produits provenant de leurs fermes, parmi lesquels on retrouve les fameux escargots de Bourgogne.
- Se promener autour du mont Drouot : pour clore la journée, en route pour une randonnée douce autour du mont Drouot. Un circuit balisé d’environ 5 km (environ 2 heures) accessible à tous. Le sentier emmène à travers les collines et les chemins verdoyants qui entourent Flavigny, avec des points de vue panoramiques sur les vallées et sur le village perché.
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