L'épée de Roland est plantée dans une falaise du Lot. Depuis 1 200 ans. Rocamadour. Un village accroché à 120 mètres au-dessus d'un canyon, bâti sur trois niveaux : la ville en bas, le sanctuaire au milieu, le château en haut.
Une seule rue. 216 marches pour atteindre les chapelles. Les pèlerins les montaient à genoux. Au Moyen Âge, Rocamadour était le quatrième lieu saint de la chrétienté, après Jérusalem, Rome et Saint-Jacques-de-Compostelle.
En 1244, Saint Louis et sa mère Blanche de Castille y sont venus à genoux demander à la Vierge "le bonheur pour la France".
En 1166, des moines creusent une tombe. Ils découvrent un corps parfaitement conservé. Ils l'attribuent à saint Amadour, un ermite du VIIe siècle. Les pèlerins affluent. Un Livre des Miracles est rédigé dès 1172 : guérisons, prisonniers libérés, marins sauvés.
Au-dessus de la porte de la chapelle Notre-Dame, une épée est fichée dans la roche. C'est Durandal, l'épée légendaire de Roland, neveu de Charlemagne. La légende dit que Roland, mourant à Roncevaux, a lancé son épée de toutes ses forces pour qu'elle ne tombe pas aux mains de l'ennemi.
Elle a traversé 300 kilomètres de ciel et s'est plantée ici. 1,5 million de visiteurs par an. Une seule rue. Et une épée dans un mur que personne n'a jamais réussi à expliquer.